Comment investir en bourse ? Le guide complet pour débuter
En bref
- Avant d'investir, la règle de base : une épargne de précaution sur un livret et pas de crédit coûteux en cours.
- La bourse se pense sur le long terme : au moins 5 à 8 ans.
- Un ETF « monde » dans un PEA est souvent la façon la plus simple de commencer.
- Investir un montant fixe chaque mois évite d'avoir à chercher le « bon moment ».
Sommaire
Pourquoi investir en bourse ?
Laisser son argent sur un compte courant, c’est perdre du pouvoir d’achat chaque année à cause de l’inflation. Les livrets protègent en partie, mais leur rendement reste faible sur le long terme.
La bourse permet de devenir copropriétaire d’entreprises qui créent de la valeur. Sur de longues périodes, les grands indices mondiaux ont historiquement progressé, avec des baisses parfois fortes en chemin. L’autre moteur, ce sont les intérêts composés : les gains produisent à leur tour des gains. Plus on commence tôt, plus cet effet est puissant. Il se visualise facilement avec le calculateur d’intérêts composés.
Investir en bourse n’est pas un moyen de s’enrichir vite. C’est un moyen de faire travailler son épargne sur la durée, en acceptant que sa valeur varie.
Avant de commencer : 3 conditions
- Une épargne de précaution. L’usage courant est de garder l’équivalent de 3 à 6 mois de dépenses sur un livret (Livret A, LDDS), disponible à tout moment. C’est le filet de sécurité en cas d’imprévu.
- Pas de crédit coûteux. Un crédit à la consommation à 7 ou 10 % coûte en général plus que ce qu’un placement rapporte : le rembourser passe souvent avant.
- Un horizon long. L’argent investi en bourse doit pouvoir rester placé au moins 5 à 8 ans. Sur quelques mois, la bourse peut baisser fortement ; sur 10 ou 15 ans, ces variations ont historiquement eu tendance à se lisser, sans aucune garantie.
Ce qu’on peut acheter en bourse
| Produit | Ce que c’est | Risque | Pour un débutant |
|---|---|---|---|
| Action | Une part d’une entreprise | Élevé si on en a peu | Demande du temps pour bien choisir |
| Obligation | Un prêt à une entreprise ou un État | Plus faible | Moins accessible en direct |
| ETF (tracker) | Un panier qui copie un indice entier | Dépend de l’indice | Le plus simple pour commencer |
| Fonds actif | Un fonds géré par un gérant qui choisit les titres | Variable | Frais souvent élevés |
Les ETF, la solution la plus simple
Un ETF reproduit un indice : une liste d’entreprises représentative d’un marché. En achetant une seule part, on détient un petit morceau de toutes ces entreprises.
Les indices les plus connus
- MSCI World : plus d’un millier de grandes entreprises de pays développés. C’est l’indice « monde » le plus utilisé par les débutants.
- S&P 500 : les 500 plus grandes entreprises américaines.
- Stoxx Europe 600 : 600 entreprises européennes.
- MSCI Emerging Markets : les entreprises des pays émergents.
Pourquoi les débutants les choisissent
- Diversification immédiate : si une entreprise chute, elle ne pèse qu’une petite partie de l’ensemble.
- Frais faibles : les frais annuels d’un ETF (appelés « frais courants » ou TER) sont généralement de quelques dixièmes de pour cent, bien moins que la plupart des fonds actifs.
- Simplicité : pas besoin d’analyser des entreprises, l’ETF suit le marché.
Capitalisant ou distribuant ?
Un ETF distribuant verse les dividendes des entreprises à l’investisseur. Un ETF capitalisant les réinvestit automatiquement. Pour faire grossir son capital sur le long terme, la version capitalisante est souvent la plus pratique, surtout dans un PEA.
Les enveloppes : où placer ses ETF
Avant d’acheter, il faut ouvrir une enveloppe. C’est elle qui détermine la fiscalité des gains.
| PEA | Compte-titres (CTO) | Assurance-vie | |
|---|---|---|---|
| Ce qu’on peut acheter | Actions européennes et ETF éligibles | Presque tout, dans le monde entier | Fonds euros et unités de compte (dont des ETF) |
| Plafond | 150 000 € de versements | Aucun | Aucun |
| Fiscalité | Gains exonérés d’impôt sur le revenu après 5 ans (prélèvements sociaux dus) | Gains imposés chaque année à la flat tax | Avantageuse après 8 ans |
| Retraits | Avant 5 ans, un retrait entraîne en principe la clôture | Libres | Libres |
| Idéal pour | Investir en ETF sur le long terme | Compléter le PEA | Diversifier, préparer une transmission |
Le PEA en détail
Le Plan d’épargne en actions est l’enveloppe préférée des investisseurs français pour la bourse :
- un seul PEA par personne, plafonné à 150 000 € de versements ;
- grâce à certains ETF « éligibles », on peut y investir sur des indices mondiaux comme le MSCI World ou le S&P 500 ;
- après 5 ans, il est possible de retirer de l’argent sans clôturer le plan, et les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu (seuls les prélèvements sociaux restent dus) ;
- avant 5 ans, un retrait entraîne en principe la clôture du plan et l’imposition des gains.
Bon à savoir : c’est la date d’ouverture du PEA qui fait courir le délai de 5 ans. Beaucoup d’investisseurs l’ouvrent donc tôt, même avec un petit montant.
Le compte-titres
Il n’a aucune limite : toutes les actions, tous les ETF, du monde entier. En contrepartie, pas d’avantage fiscal : les dividendes et les plus-values sont imposés au prélèvement forfaitaire unique (la « flat tax »).
L’assurance-vie
Elle permet d’investir sur des unités de compte (fonds, ETF) et sur un fonds euros garanti. Après 8 ans, les gains bénéficient d’un abattement annuel (4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple) lors des retraits. C’est aussi un outil de transmission.
Choisir son courtier
Le courtier est l’établissement qui conserve le PEA et exécute les ordres. Les critères qui comptent vraiment :
- Les frais de courtage : ce que coûte chaque achat. Pour investir 100 ou 200 € par mois, des frais très faibles sur les petits ordres font la différence.
- Les droits de garde : des frais annuels sur le portefeuille. Idéalement, 0 €.
- Le choix d’ETF éligibles au PEA.
- La simplicité de l’application et la solidité de l’établissement.
Les deux banques que j’utilise proposent un PEA sans droits de garde, adapté aux petits montants :
Le détail de leurs offres se trouve dans mes avis sur BoursoBank et Fortuneo. Il existe aussi des courtiers internationaux comme Interactive Brokers, qui proposent un PEA et l’accès aux marchés du monde entier.
Passer son premier ordre
Une fois le PEA ouvert et alimenté par un virement, les étapes sont les suivantes :
- Chercher l’ETF grâce à son code ISIN (un identifiant de 12 caractères qui commence par deux lettres, par exemple FR ou IE), indiqué sur la fiche de l’ETF.
- Choisir le type d’ordre :
- à cours limité : on fixe le prix maximum que l’on accepte de payer. C’est le plus prudent ;
- au marché : l’ordre s’exécute au prix du moment, quel qu’il soit.
- Indiquer la quantité de parts, vérifier les frais affichés, puis valider.
- Passer l’ordre pendant les heures d’ouverture de la Bourse de Paris (9 h – 17 h 30, du lundi au vendredi). Les toutes premières et dernières minutes sont souvent plus agitées.
Investir régulièrement
Plutôt que de chercher le « meilleur moment » (que personne ne connaît), de nombreux investisseurs placent un montant fixe à date fixe, par exemple 100 € le 5 de chaque mois. C’est l’investissement programmé.
- Quand la bourse baisse, le même montant achète plus de parts.
- Quand elle monte, il en achète moins.
- Le prix d’achat est lissé dans le temps, et l’émotion sort de la décision.
Beaucoup de courtiers permettent de programmer ces achats automatiquement.
Gérer les baisses
Les baisses font partie du chemin. En 2008, les marchés mondiaux ont perdu environ la moitié de leur valeur avant de remonter. En mars 2020, ils ont chuté d’environ un tiers en quelques semaines. À chaque fois, ceux qui ont vendu dans la panique ont transformé une baisse temporaire en perte réelle.
Trois principes reviennent souvent chez les investisseurs de long terme :
- La diversification : un ETF monde plutôt qu’une seule action.
- N’investir que l’argent dont on n’aura pas besoin avant plusieurs années.
- Ne pas regarder son portefeuille tous les jours : le plan de long terme compte plus que les variations d’une semaine.
Les erreurs fréquentes des débutants
- Investir de l’argent dont on aura besoin à court terme.
- Tout miser sur une seule entreprise ou une seule tendance à la mode.
- Changer de stratégie à chaque gros titre de l’actualité.
- Ignorer les frais, qui grignotent le rendement année après année.
- Attendre le « bon moment » pour commencer… et ne jamais commencer.
Questions fréquentes
Combien faut-il pour commencer ?
Quelques dizaines d’euros suffisent pour ouvrir un PEA chez une banque en ligne. Sur le long terme, la régularité compte souvent plus que le montant de départ.
Peut-on perdre de l’argent en bourse ?
Oui. La valeur des placements peut baisser, et une partie du capital investi peut être perdue, surtout sur une courte période. C’est pour cela que l’argent placé en bourse est en général de l’argent dont on n’a pas besoin à court terme.
Faut-il choisir des actions ou des ETF ?
Pour débuter, un ETF largement diversifié est en général plus simple et moins risqué qu’une sélection de quelques actions. Les actions individuelles demandent plus de temps d’analyse.
En résumé
Débuter en bourse repose sur quelques étapes simples : une épargne de précaution, une enveloppe adaptée (souvent le PEA), un ETF diversifié et un investissement régulier sur la durée. Le temps et la régularité font l’essentiel du travail.